1886-1961. D'après Robert de Fragny
> Soprano lyrique, sa sensibilité, sa culture musicale, sa prononciation impeccable, un don pour les langues, lui ouvrirent la voie d'une carrière internationale singulière, se produisant sur tous les continents. A Montevideo, elle crée même une classe de chant.
> Ninon Vallin est née en 1886 à Montalieu-Vercieu, et a passé son enfance entre Champier, Nantoin, toujours en Isère, et Le Grand Serre dans la Drôme.
Après avoir, en 1903, intégré le Conservatoire de Lyon, elle y obtient en 1906 et à l’unanimité, le premier prix. Sur les conseils de Vincent d’Indy, elle part pour Paris pour poursuivre son éducation musicale. En 1909, elle est engagée par les concerts Colonne. En 1911, elle remplace la titulaire prévue pour la création du Martyre de Saint Sébastien de Claude Debussy. Elle est ensuite engagée à l’opéra Comique où elle triomphe dans différents rôles. En 1914, avec Debussy au piano, elle crée Trois Poèmes de Mallarmé, œuvre qui lui est dédicacée, la jeune chanteuse n'a que 28 ans. En 1916, elle part pour Buenos-Aires et un contrat au Téatro Colon où elle triomphe. Ces succès lui vaudront d’être adoptée pour toujours par le public Sud-américain puis par le public du monde entier avec des tournées sur les plus grandes scènes d’Europe et des Etats-Unis.
En 1917, après son premier retour d’Amérique du Sud, elle chante à Paris puis à la Scala de Milan. En 1917 encore, en Espagne et en espagnol, Manuel de Falla lui confie les créations de La vida breve (La Vie brève), drame lyrique (1904-05) et El amor brujo (L'Amour sorcier), ballet (1914-15), oeuvres qu’elle chantera tout au long de sa vie et sur toutes les scènes du monde.
1918, de nouveau l’Amérique du Sud (Buenos-Aires, Rio, Montevideo, le Brésil). Sa vie devient une vie de voyages, de Buenos-Aires à Oslo, d'Athènes à Budapest, de New-York à Bucarest, de Stockholm à Londres, d'Ankara à Vienne, de San Francisco à Moscou, de Zagreb à Paris. Elle fait, lors de ses déplacements, la une de tous les journaux. Elle est faite Chevalier de la légion d’honneur en 1925.
En 1925, elle rencontre Marguerite Béclard d’Harcourt ethnomusicologue. Grande spécialiste des chants indiens péruviens, celle-ci propose à Ninon Vallin de l’accompagner. Ninon apprendra la langue des incas (le quechua) et quelques années plus tard, enregistrera, pour la première fois au monde, une dizaine de ces mélodies indiennes en quechua.
En 1931, Ninon Vallin grave l’intégrale de Werther, le chef d’œuvre de Massenet. Ce projet, très ambitieux à l’époque du 78 tours et de la technique électroacoustique, remporte un succès immense. Le rôle de Werther est chanté par le ténor Georges Thill et la rencontre de ces deux voix reste un miracle de complicité, d’harmonie et d’homogénéité musicale.
En 1934, le compositeur italien Respighi lui demande de créer Marie L’Egyptienne, à l’Opéra de Paris et c’est un nouveau triomphe pour Ninon.
Elle retourne en Septembre de la même année en Grande-Bretagne et aux U.S.A.
En 1935, par exemple, elle chante à La Maison Blanche, puis à Detroit, et au Canada ; avant de revenir à Los-Angeles, Cincinatti et San francisco. Rentrée en Europe, elle chante à Bilbao, puis part pour le Maroc : Tanger, Rabat, Casablanca, Oujda, Fez, Marrakech. Puis c’est une tournée aux Pays-Bas et Londres. En novembre, elle chante pour une série de représentations au Bolchoï de Moscou, puis Leningrad et Kiev et Varsovie.
En juillet 1935, Ninon Vallin est Marguerite dans La Damnation de Faust de Berlioz, sous les halles séculaires de La Côte-Saint-André (ville de naissance d’Hector Berlioz).
Elle sera de nouveau une Marguerite inoubliable en 1937 devant le mur deux fois millénaire d'Orange puis lors de l'inauguration du théâtre antique de Vienne, l'année suivante, devant Albert Lebrun, Président de la République française.
En 1936, ses tournées l’amèneront, entre autres, à Londres, Barcelone, Madrid et Grenade.
Et de nouveau, en Amérique du Sud, à Rio de Janeiro, Montevideo, Buenos-Aires, avant de retrouver les U.S.A. : New-York, Los Angeles, San Francisco, Santa barbara, Chicago.
Elle tient le premier rôle dans deux films : La fille de la Madelon de Jean Mugeli et George Pallu (1937) et Ceux de demain d'Adelqui Migliar (1938).
En 1938, dans le cadre des festivités consacrées à L’Entente Cordiale entre la Grande Bretagne et la France, le président Albert Lebrun convie les souverains britanniques à une soirée de gala à l’Elysée. Une soirée musicale est prévue, sous les ors de la République, et le choix s’est porté sur une autre très grande cantatrice française, Germaine Lubin, par ailleurs sublime wagnérienne. L’épouse du roi Georges VI, la reine Elisabeth (ce furent les parents de Elisabeth II) bouscule le protocole et lui préfère Ninon Vallin, qu’elle a entendue à Londres en 1929 et pour laquelle est a une vive admiration.
Sa carrière se poursuit après la guerre et les tournées reprennent.
En 1947, elle chante en Australie et en nouvelle Zélande. Le succès est tel qu’elle y retourne en 1949. En 1950, elle se produit au Pays-Bas (la Haye) dans un récital de mélodies espagnoles. Elle crée à Montevideo en Uruguay, en 1951, le Conservatoire de musique où elle enseignera. Elle s’y rend régulièrement en 1952, 1953 et 1954.
En 1957, elle chante à Londres. à Cannes et à Deauville, et se retire de la scène à 71 ans. Elle enseigne ensuite le chant au Conservatoire de Lyon jusqu'à son décès en 1961, à 75 ans. Elle est enterrée à Millery (Rhône) où elle a possédé pendant 33 ans, une propriété (La Sauvagère).
Ninon Vallin a participé à partir de 1913, à plus de quatre cent cinquante enregistrements sonores. Ses enregistrements se sont vendus à des millions d’exemplaires et elle a reçu, pour eux, plusieurs Grand Prix du disque.
Un parfum et une rose portèrent son nom de son vivant.




